27 août 2012

Décès de la comtesse Philippe de Lannoy

Triste nouvelle ce matin : nous apprenons le décès inopiné de la comtesse Philippe de Lannoy, mère de la future grande-duchesse héritière. Le décès est intervenu dimanche des suites d'un accident vasculaire cérébral. Elle avait fêté en septembre dernier ses 70 ans entourée de sa famille au château d'Anvaing.

Elle sera inhumée le vendredi 31 août à 15h en l'église Saint-Amand d'Anvaing. Puis, elle sera inhumée dans le caveau familial.

Sincères condoléances à toute la famille, et plus particulièrement à son époux, à ses huit enfants et ses beaux-enfants, sans oublier ses treize petits-enfants.

A l'occasion de son 70ème anniversaire (la comtesse est au centre, en rose)
 (© Collection privée de la famille de Lannoy)

18 août 2012

Hôtel de Lannoy

L'hôtel a été construit en 1762, sur un terrain ayant appartenu à don Diego de Ruyter, à l'initiative de Josse Mansion, un maître maçon originaire d'Enghien, dans la province de Hainaut tout comme les Lannoy. En 1768, l'hôtel est racheté par le comte Dominique-Alexandre d'Epinoy.



C'est bien plus tard, en 1833, que le comte Gustave de Lannoy (1800-1892) en fait l'acquisition. Il est l'arrière-arrière-grand-père de la future grande-duchesse héritière de Luxembourg, et fut tour à tour chambellan du roi Guillaume II des Pays-Bas, Grand-Maître de la Maison du Duc de Brabant (le futur Léopold II) puis Grand-Maître de la Maison de la Reine Marie-Henriette, sans oublier sa fonction de bourgmestre d'Anvaing.

Cet hôtel se situe au numéro 13 de la rue aux Laines à Bruxelles, lieu où depuis le XIVe siècle de nombreuses prestigieuses familles nobles y résident. Pour l'anecdote, le 23 janvier 1892, un incendie se déclare dans une aile de l'actuel Palais d'Egmont et qui donnait alors dans la rue aux Laines. La famille de Lannoy a donc vu débarquer au cours de la nuit le duc et la duchesse de Croÿ en chemise de nuit pour trouver refuge dans leur hôtel.



L'hôtel est toujours passé par héritage à l'aîné, et donc au chef de famille. C'est donc comme cela que le comte Philippe de Lannoy, père de Stéphanie, en est l'actuel propriétaire. Tel est toujours le cas pour l'hôtel des princes de Merode-Westerloo qui accueille le Cercle de Lorraine. Ce sont presque les seules traces historiques intéressantes qui subsistent dans cette rue depuis la démolition en 1956 des hôtels de Merode-Deinze et de la Boëssières-Thiennes.

L'ancien hôtel de Merode-Deinze détruit en 1956


Le bâtiment en question a connu une restauration et des agrandissements en 1907 et 1908, sous la direction l'architecte Octave Flanneau qui a notamment travaillé au Palais Royal après son homologue Maquet. L'hôtel est en forme de "U", bâti sur deux niveaux, sous une toiture mansardée. La façade en grès est constituée de neuf travées, dans laquelle s'insère une imposante porte cochère. Un passage couvert donne directement accès au jardin, doté d'une sobre statue, et aux pièces du rez-de-chaussée. Un escalier d'honneur donne quant à lui accès aux pièces d'apparat du premier étage. Se succèdent ainsi entre autres : un salon rouge, une antichambre, un salon jaune ou encore un fumoir. Le tout se trouve dans un style Louis XV, avec des murs lambrissés aux très belles boiseries, des plafonds moulurés et des cheminées en marbre.

La maison de vente Doretheum, la plus ancienne qui soit, a son siège bruxellois installé au rez-de-chaussée. Ces dernières années, la comtesse Stéphanie de Lannoy occupait les lieux une bonne partie de l'année. On sait également que des jeunes de la bonne société ont pu y louer des appartements. La majeure partie de l'hôtel a été classé par la Région Bruxelles-Capitale en 2001.

7 août 2012

Le Palais Royal : l'Escalier d'Honneur

L'Escalier d'Honneur a vu le jour dans la foulée des grands travaux voulus par le roi Léopold II commandés à l'architecte Alphonse Balat entre 1868 et 1872. Il mène aux salons et salles d'apparat du premier étage. On y accède par le Vestibule d'Honneur, situé en plein centre du Palais Royal, à l'endroit exact où se trouvait jadis la Rue Héraldique séparant les Hôtels Bender et Belgiojoso. Le vestibule vient plus tardivement, après 1905, suite aux transformations apportées à la façade.

(© D.R.)

Vue depuis le palier de l'escalier (© D.R.)

L'escalier en marbre blanc, doté de rampes en marbre vert, donne une impression de majesté dans un cadre assez sobre, composé de murs pâles, de colonnes de pierre, de quelques dorures, de miroirs et de baies vitrées.


(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)

Une allégorie de la Paix surplombe l'escalier. Il s'agit d'une œuvre taillée dans le marbre de Charles Fraikin datant de 1877. Lorsque les audiences des ambassadeurs se déroulaient encore au Palais Royal, la statue était fleurie tandis que neuf gendarmes en culotte de peau et bonnet à poils stationnaient le long de l'escalier.


(© D.R.)

Dans les salles entourant l'Escalier d' Honneur, le visiteur peut admirer divers bustes représentant d'anciens membres de la dynastie : notamment Léopold Ier, Louise-Marie, Léopold II, Albert Ier, Elisabeth, Léopold III ou encore Astrid.


Buste en plâtre du roi Léopold Ier d'après un original de Guillaume Geefs. Le souverain porte diverses décorations comme le bijou de la Toison d'Or, le Grand Cordon et la plaque de Grand-Croix de l'Ordre de Léopold, la plaque de Chevalier de l'Ordre de la Jarretière et la Croix de Chevalier de 1ère Classe de l'Ordre de la Croix de Fer (Prusse).
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
Buste en plâtre du roi Léopold III d'après un original d'Alfred Courtens. Le roi y est représenté portant l'uniforme de lieutenant-général avec le Grand Cordon et la plaque de Grand-Croix de l'Ordre de Léopold.
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
La reine Paola a souhaité que l'art moderne cohabite avec les lieux chargés d'histoire. Après la constitution d'un comité artistique, une œuvre de Dirk Braeckman, photographe connu pour travailler en noir et blanc, a été placée dans une des salles situées à l'entrée. L'œuvre est constituée de six photographies. Deux grandes photographies, prises à Laeken, représentent le Roi et la Reine, tandis que les quatre autres, de tailles plus modestes, illustrent des détails des salles du Palais.


Et puis, l'ancien et l'art moderne, côtoient l'antique. En effet, on trouve également deux statues en diorite gris, assez similaires, de la déesse égyptienne Sekhmet à la tête de lionne. Tandis que l'une date du pharaon Sheshonq Ier de la XXIIème dynastie (IXème siècle avant Jésus-Christ), l'autre est plus ancienne et taillée avec davantage de finesse. Cette-dernière date du pharaon Aménophis III de la XVIIIème dynastie (XVIème siècle avant Jésus-Christ). Il semblerait que ces deux antiquités égyptiennes aient été ramenées par Léopold II, alors duc de Brabant, lors d'un voyage d'études en Orient.


(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)

2 août 2012

Les rubis de Joséphine-Charlotte

L'une des premières photos après les fiançailles, pour laquelle Joséphine-Charlotte porte à la fois le bracelet, les boucles d'oreilles et la broche (© D.R.)

A l'occasion de son mariage en 1953 avec le grand-duc héritier Jean de Luxembourg, la princesse Joséphine-Charlotte a reçu de nombreux cadeaux : un diadème de la Société Générale, un bracelet au saphir transformable en diadème offert par l'Association de la Noblesse du Royaume de Belgique, trois rangs de diamants pouvant se porter aussi bien en collier comme en diadème qui sont peut-être un cadeau de son père le roi Léopold III, une paire de pendants d'oreille en diamants achetée grâce à la souscription nationale belge, etc.

Parmi ces cadeaux se trouvaient un set de bijoux en rubis et diamants, composé d'une broche et d'une paire de boucles d'oreilles aux motifs floraux ainsi qu'un bracelet. Christophe Vachaudez, dans son livre "Bijoux des reines et princesses de Belgique" (2004), indique que la broche et les boucles d'oreilles sont un cadeau de son fiancé. Cependant, le catalogue de la vente annulée à Paris en 2006 indiquait qu'il s'agissait de cadeaux du roi Léopold III. L'ensemble des bijoux vient de chez Van Cleef & Arpels, dont le souverain était un fidèle client pour combler sa seconde épouse, la princesse Lilian.


La broche (© D.R.)

Joséphine-Charlotte a porté ces bijoux très souvent au cours des premières années de son mariage. Elle s'en pare d'ailleurs pour les premières photos venant juste après les fiançailles. Cette petite parure en diamants et rubis sera ensuite très vite délaissée au profit de nombreuses autres pierres contenues dans la cassette grand-ducale : émeraudes, saphirs, topazes, améthystes, perles, aigues-marines, turquoises, etc.

En 1953, avec son demi-frère le prince Alexandre, où elle porte les boucles d'oreilles (© J.L./Le Soir)

Très jolie photo où elle porte le bracelet (© D.R.)

En décembre 2006, à l'instar de nombreuses pièces de l'écrin de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, ces bijoux ont été mis en vente par ses héritiers à Paris chez Sotheby's. A ce moment, la broche était estimée entre 12.000 et 18.000 €, les boucles d'oreilles entre 15.000 et 25.000 € et le bracelet entre 35.000 et 55.000 €. Comme pour la vente de la propriété dans le Grünewald, la vente des bijoux a été critiquée par les Luxembourgeois. Ce mouvement de l'opinion publique a amené à l'annulation des ventes.

(© Laurent D.)

Le Grand-Duc avait même fait publier ce communiqué :

"Deux initiatives de ma part ont suscité une forte incompréhension chez nombre d'entre vous.
Je tiens à préciser d'emblée qu'elles concernent la gestion de nos biens familiaux et personnels. Au moment d'accéder au trône, les règles qui gouvernent notre Maison ont aussi fait de moi le chef de notre famille et de son patrimoine familial dont fait partie notre propriété dans le Grünewald. J'évoque d'abord ce patrimoine familial appelé Fidéicommis : ce dernier m'a été confié par mon père, le grand-duc Jean. J'ai le devoir de le gérer de manière responsable pour le transmettre, le moment venu, à mon fils aîné le grand-duc héritier Guillaume. En tant que chef de famille, j'ai également la mission de veiller à ce que mes frères et sœurs puissent jouir de façon juste et équitable de l'héritage personnel de leurs parents. C'est dans ce contexte, que mon père, mes frères et sœurs et moi-même avons projeté la vente de certains bijoux ayant appartenu à ma chère mère, la grande-duchesse Joséphine-Charlotte. Je me rends compte que j'ai sous-estimé la forte valeur symbolique attachée à ces biens et l'émotion que ces initiatives pouvaient susciter. Quoique relevant de la sphère privée, je réalise qu'elles ont déçu nombre de ceux dont le soutien à notre famille et l'attachement à la Couronne n'ont jamais fait défaut. C'est pourquoi j'ai décidé que l'on procède à l'annulation de la vente aux enchères projetée. De surcroît, je constate un besoin de clarification en matière budgétaire. La Cour ne manquera pas de contribuer à y répondre. J'espère qu'avec cette décision, le pays retrouvera un climat plus serein au regard des problèmes auxquels il est confronté."

Les pièces majeures de l'héritage de Joséphine-Charlotte sont donc en possession de la famille grand-ducale aujourd'hui. Mais, discrètement, des pièces mineures ont été vendues ces dernières années. Ainsi, en janvier 2009, Sotheby's Genève a présenté à la vente le set en diamants et rubis parmi d'autres bijoux n'ayant rien à voir avec la collection de feue la grande-duchesse. La broche, présentée comme la propriété d'un collectionneur européen, a été vendue 14.800 € (estimée entre 11.800 et 18.500 €). Quant à la paire de boucles d'oreilles, estimée entre 15.100 et 21.700 €, elle a été adjugée 22.200 €. Tout comme les boucles, le bracelet était censé être issu de la propriété d'un "gentleman", mais il n'a pas trouvé preneur (estimation entre 36.800 et 50.000 €).

(© Sotheby's)
(© Sotheby's)
Lors d'une nouvelle vente en juin 2009, toujours chez Sotheby's Genève, le bracelet, cette fois-ci vendu comme propriété d'une "lady" tout en mentionnant sa provenance royale, a été adjugé pour 57.870 €, alors que son estimation avait été revue à la baisse (entre 23.400 et 36.800 €).



(© Sotheby's)

Souhaitons que les quelques ventes de bijoux "mineurs" aient permis de contenter les héritiers (ce n'est peut-être pas d'ailleurs la famille grand-ducale qui a mis ces bijoux en vente, mais il pourrait s'agir d'un des enfants ayant hérité de ces bijoux). Et espérons également que les pièces emblématiques de la collection de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, celles offertes par la Belgique ou héritées de la famille royale belge, seront à l'avenir sauvegardées voire même intégrées au Fidéocommis. Ainsi, la future grande-duchesse Stéphanie pourra un jour s'en parer, ce qui serait un joli symbole.