29 septembre 2011

Les 60 ans de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte

Née le 11 octobre 1927 à l'Hôtel Bellevue, Joséphine-Charlotte, grande-duchesse de Luxembourg a fêté son 60ème anniversaire en compagnie de ses enfants et petits-enfants le 10 octobre 1987 au château de Vianden. Ce château est une ancienne propriété de la famille grande-ducale, cédé à l’État en 1977.

Le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte (© Collection personnelle)

Avec leurs petits-enfants : (de gauche à droite) l'archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, le prince Félix de Luxembourg, la princesse Maria-Annunciata de Liechtenstein, le prince Guillaume de Luxembourg et l'archiduc Imre d'Autriche.
(© Collection personnelle)

La famille grand-ducale : (de gauche à droite) le prince Nicolas de Liechtenstein, le prince Guillaume de Luxembourg, la princesse Margaretha de Luxembourg, le grand-duc Jean, le grande-duchesse Joséphine-Charlotte, le grand-duc héritier Henri, la grande-duchesse héritière Maria-Teresa, la princesse Marie-Astrid de Luxembourg et l'archiduc Carl-Christian d'Autriche, sans oublier les petits-enfants.
Le prince Jean n'est pas présent ainsi que celle qu'il a épousé il y a peu, Hélène Vestur, avec qui il a eu une fille l'année précédente (la comtesse Marie-Gabrielle de Nassau qui sera élevée au rang de princesse en 2004). Le prince avait, en 1986, renoncé à ses droits dynastiques afin de se marier avec la femme qu'il aimait.
D'autres jeunes petits-enfants sont absents : le prince Louis de Luxembourg (né en 1986, fils d'Henri et Maria-Teresa) et la princesse Marie-Astrid de Liechtenstein (née en juin 1987, fille de Margaretha et Nicolas)
(© Collection personnelle)

(© Collection personnelle)

(© Collection personnelle)

(© Collection personnelle)

(© Collection personnelle)

La grande-duchesse et le prince Guillaume de Luxembourg, actuel grand-duc héritier (© Collection personnelle)

La grande-duchesse et la princesse Maria-Annunciata de Liechtenstein (© Collection personnelle)

(© Collection personnelle)

26 septembre 2011

La ferme-château de Fenffe


(©  Farcy-Aparté)


Fenffe est un hameau de la commune de Houyet, sise en province de Namur, région où la Donation royale est fort présente. Les lieux ont appartenu successivement à la famille de Fenffe puis aux de Waha. En 1580 c’est Charles de Potyers, époux d’une baronne de Berlo, qui reprend le domaine. On lui doit sans doute la ferme-château actuelle. Une construction antérieure avait été érigée auparavant : une ferme en forme de « U » dont il ne reste que très peu d’éléments visibles à ce jour. Quant à la demeure actuelle, celle-ci est réalisée avec des briques et des pierres bleues. Le corps du logis principal de deux niveaux est protégé par un bâtiment rectiligne étendu le long de la route et agrémenté d’un portail à double ventraux. Ce bâtiment est flanqué de deux tours carrées à ses extrémités, dont celle située à gauche abrite un colombier. La demeure est entourée d'un grand parc ponctué d'étangs et de très vieux chênes.    

(©  Farcy-Aparté)


En 1784, Théodore Delvaux (1731-1822), médecin officiant à Rochefort, achète la bâtisse. En tant que seigneur de Fenffe, la famille devient alors "Delvaux de Fenffe" et s’est même vue gratifiée du titre de baron. Vers la fin du XVIIIe siècle, la bâtisse est agrandie vers la droite, le porche d'entrée est partiellement refait, et une chapelle à pars coupés est érigée, située sur le pignon de cette nouvelle façade, avec un toit en ardoise. Un autre agrandissement vers l’est cette fois-ci est effectué durant la première moitié du XIXe siècle.

Le terrain de Fenffe touchant le domaine de Ciergnon, le roi Léopold II acquiert la modeste ferme-château en 1891. Elle passera ensuite dans la manne de la Donation Royale, à l’instar des autres propriétés du roi. D'ailleurs, l’aile à rue porte une dalle, au niveau de la tour carrée située à droite, gravée « Donation royale / 1903 » sous le monogramme royal. La demeure a longtemps été délaissée par la famille royale, bien que diverses personnes des environs ont été engagées afin d’assurer son entretien et le gardiennage. Cette situation perdure jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale, période à laquelle le domaine est véritablement abandonné et tombe en ruine. En 1966, un incendie se déclare et des ailes latérales sont détruites.

(©  Farcy-Aparté)
Au moment où on propose la propriété au prince Albert et à la princesse Paola, alors princes de Liége, celle-ci se trouve dans un état critique. L’incendie qui s’est déclaré fait prendre conscience qu’il est impératif de s’occuper du domaine. Des travaux importants de restauration se déroulent alors en 1967 et 1968 sous la direction de l’architecte R. Filaine. La toiture d’ardoise est refaite et la façade donnant sur la cour est réaménagée.    

« La princesse Paola supervisa les importants travaux de restauration de ce petit château de style typiquement ardennais. Le rose des murs de la bâtisse centrale et des annexes et le gris tendre des volets et des portes amplifient l’homogénéité et l’intimité de l’ensemble. Sur le côté gauche, derrière un ancien mur bas et une haie de tilleuls palissés, se cache un ample potager, que Paola a entièrement repensé avec son amie paysagiste, Arabella Lennox-Boyd. Entre la maison principale et la conciergerie, le jardin d’agrément fait face à une vue plongeante sur la rivière qui a donné son nom au lien » (Extrait de Les 70 ans de la reine Paola par Vincent Leroy, sorti aux éditions Imprimages en 2008).

Les 18 ans du prince Philippe à Fenffe, entouré de ses parents, de sa sœur la princesse Astrid et de son frère le prince Laurent (© Van Parys)

(© Van Parys)

La ferme-château de Fenffe est alors devenue la seconde résidence des princes de Liége où ils ont passés de nombreux week-end. C’est dans ce lieu, par exemple, que le 40e anniversaire de la princesse Paola en 1977 ou le 18e anniversaire du prince Philippe en 1978 ont été célébrés. Il n’était pas rare que Paola réserve dans l’une ou l’autre auberge des alentours des chambres pour ses invités. Après l’avènement du roi Albert II en 1993, le nouveau couple royal délaisse Fenffe pour Ciergnon, résidence que l'usage réserve aux souverains. La résidence est alors mise éventuellement à disposition des trois enfants du couple. Il semblerait, selon les habitants, que la princesse Astrid et le prince Lorenz venaient parfois s’y ressourcer. Le domaine n'a d'ailleurs cessé d'être surveillé par un détachement de Sécurité auprès du Palais Royal.
Suite à l'abdication du roi Albert II en juillet 2013, la presse a évoqué la possibilité que l'ancien couple royal retrouve ce lieu, même s'il a aussi été indiqué qu'une demeure avait été acquise à Villers-sur-Lesse à la demande de la reine Paola. En tout cas, des travaux ont été entrepris à la ferme-château de Fenffe.

21 septembre 2011

Naissance de l'archiduc Alexander

L'archiduc Alexander, Hector, Marie, Karl, Leopold, Marcus d'Aviano d'Autriche est né le 26 septembre 1990 à Meyrin, dans le canton de Genève. Il est le 4ème enfant du couple formé par l'archiduc Carl-Christian d'Autriche et la princesse Marie-Astrid de Luxembourg.

L'archiduc Alexander et sa mère (© Collection personnelle)

L'archiduc Alexander et ses parents (© Collection personnelle)

Les autres enfants du couple : les archiducs Christophe et Imre et l'archiduchesse Marie-Christine (© Collection personnelle)

La famille formée par Marie-Astrid et Carl-Christian, en compagnie du grand-duc Jean et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte (© Collection personnelle)

17 septembre 2011

Mariage de la princesse Mélanie de Ligne

La princesse Mélanie
La princesse Mélanie, Yolande de Ligne est née le 19 juin 1979 au château de Beloeil. Elle est la fille du prince Wauthier de Ligne, né en 1952, et de la comtesse Régine de Renesse, née en 1955. Ses grands-parents paternels sont Antoine, 13ème prince de Ligne (1925-2005) et la princesse Alix de Luxembourg, née en 1929, sœur du grand-duc Jean. Elle est donc l'arrière-petite-fille de la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg. Par sa mère elle descend notamment des Limburg Stirum et des Croÿ.    

La princesse Mélanie a épousé le 17 septembre 2011 en l'église Saint-Pierre Beloeil M. Paul Weingarten, un avocat de nationalité autrichienne, fils de Paul et Helga Weingarten. 

Le prince et la princesse Wauthier entourés de leurs enfants en 2001 pour le
bal organisé pour les princesses Mélanie et Elisabeth dans l'orangerie du
Château de Beloeil

Parmi les invités figuraient l'archiduchesse Yolande, née princesse de Ligne, l'archiduc Carl-Christian d'Autriche et son épouse la princesse Marie-Astrid de Luxembourg, l'archiduchesse Priscilla d'Autriche, la princesse Hélène d'Orléans accompagnée de sa fille Catherine et sa belle-fille Katia, ainsi que des représentants des illustres familles d'Ursel, de Limburg Stirum, de Lannoy, de Chimay et de Looz-Corswarem. Après la cérémonie religieuse, les mariés ont gagné l'orangerie du Château de Beloeil en calèche. Après le dîner, la princesse Mélanie et son époux se sont envolés pour Singapour. Paul Weingarten y réside depuis deux ans. 



Les deux autres enfants sont déjà mariés. Le prince Philippe, né en 1977, a épouse en 2008 Jonkvrouw Laetitia Rolin. Le couple a eu deux enfants : le prince Jean-Charles en 2010 et la princesse Aliénor en 2012. La princesse Elisabeth, née en 1983, s'est mariée en 2005 avec le baron Baudouin Gillès de Pelichy. Le couple a eu à ce jour quatre enfants : la baron Antoine en 2006, le baron Charles en 2008, la baronne Philippine en 2010, la baronne Marguerite en 2012 et la baronne Marie en 2014. 

16 septembre 2011

40 ans de mariage de Jean et Joséphine-Charlotte

C'est au château de Colmar-Berg, le 5 mai 1993, que le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg ont célébré leurs noces d'émeraude. Le couple s'était uni quarante ans plus tôt à Luxembourg. Pour cette occasion, ils avaient accepté de poser dans les jardins de leur résidence, en compagnie de leur labrador, puis à l'intérieur du château, en train d'admirer de la porcelaine.

© Collection personnelle Valentin Dupont


14 septembre 2011

Les titres de la famille royale belge

Roi et Reine des Belges

Par décret du Congrès National du 29 janvier 1831, le titre qui fut choisi pour le futur souverain du jeune État belge fut celui de « Roi des Belges », plutôt que le titre de « Roi de Belgique ». Cette dénomination avait pour but de faire référence au caractère constitutionnel de la charge royale en Belgique : le Roi serait élu par le Congrès National, et par extension, le Roi devrait donc sa charge au peuple belge. Il est d'ailleurs possible d'établir un parallèle avec le titre de « Roi des Français » que le roi Louis XVI porta de 1791 à 1792 dans le cadre d'une éphémère monarchie constitutionnelle, ainsi que le roi Louis-Philippe Ier de 1830 à 1848. Nul doute que le Congrès National s'inspira de l'expérience française.

Le Roi possède le prédicat de « Majesté », tout comme son épouse qui devient « Reine des Belges » par son mariage, à l'exception de Lilian, seconde épouse du roi Léopold III, qui préféra être princesse plutôt que reine (voir plus loin). Il convient donc de parler de « Sa Majesté Philippe, Roi des Belges » et de « Sa Majesté Mathilde, Reine des Belges ». Cependant, le titre d'un roi ayant abdiqué - et le cas échéant son épouse - ou la veuve d'un roi sont quelques peu différents. Ainsi, suite à son abdication, le sixième Roi des Belges est dénommé « Sa Majesté le Roi Albert II ». Quant au cas des reines douairières, on parlera par exemple de « Sa Majesté la Reine Paola ».

Il convient également de s'attarder sur les noms officiels des souverains belges, et plus particulièrement sur leur « numérotation ». La dénomination exacte de leurs noms se retrouve dans les arrêtés royaux que les monarques sanctionnent et promulguent. Ainsi, se sont succédé les rois « Léopold Ier », « Léopold II », « Albert », « Léopold III », « Baudouin », « Albert II » et « Philippe ». Les souverains portant un prénom n'ayant pas été porté par l'un de ses prédécesseurs ne portent pas durant leur règne de « numéro ». Cependant, Léopold Ier choisit en 1831 de s'affubler d'un « Premier », faisant référence au tout premier souverain de la dynastie belge. Notons par ailleurs que la dénomination d'un monarque (et de manière extensive d'un membre de la famille royale belge) peut se décliner selon les trois langues nationales. Ainsi, pour le souverain actuel dont le prénom peut avoir une orthographe différente selon les langues, il s'agira de « Philippe » pour les francophones, de « Filip » pour les néerlandophones  et de « Philipp » pour les germanophones.

Depuis l'abrogation de la loi salique le 21 juin 1991, les femmes peuvent désormais accéder au trône. Cela sera le cas avec Elisabeth, la fille aînée du roi Philippe et de la reine Mathilde. Elle deviendra alors « Sa Majesté Elisabeth, Reine des Belges ». Cette première posera le problème du titre du prince consort. A l'instar des nombreux cas dans l'histoire contemporaine des cours européennes et les titres disponibles en Belgique, cet individu portera très certainement le titre de « Prince de Belgique », avec le prédicat d' « Altesse Royale », qui lui sera octroyé dès son mariage. Un titre qui ne le différenciera cependant pas de ses beaux-frères.

La Constitution, par son article 87, prévoit que le Roi des Belges puisse devenir le chef d'un autre État avec l’assentiment des deux Chambres. Cette situation se produisit sous le règne de Léopold II. En effet, avec l'assentiment des Chambres, il devint également souverain de l'Etat Indépendant du Congo de 1885 à 1908. Le roi Léopold II avait un certain temps caressé l'idée de faire naître une monarchie bicéphale. Il songea en effet de marier l'héritier putatif au trône de Belgique, son neveu le prince Albert, avec sa petite-fille l'archiduchesse Elisabeth-Marie d'Autriche-Hongrie. Le Congo aurait alors servit de dot et serait donc passé au futur roi Albert, puis à leur descendance. Ce projet fumeux, qui aurait allongé la titulature du Roi des Belges, a été avorté dès 1900.

Prince et Princesse de Belgique

Fait étonnant, les titres de prince et princesse de Belgique ne sont apparus qu'en 1891. Jusqu'à l'époque, non seulement le patronyme des membres de la famille royale était « de Saxe-Cobourg-et-Gotha » (à l'origine « von Sachsen-Coburg-und-Gotha ») mais ceux-ci ne possèdaient uniquement que leurs titres allemands dits originaires, à savoir « Duc en Saxe » et « Prince de Saxe-Cobourg-et-Gotha ». Ce fut sur proposition du gouvernement qu'un arrêté royal a vu le jour le 14 mars 1891 afin que la famille royale soit davantage ancrée par ses titres en Belgique. Cet arrêté prévoit que « dans les actes publics et privés qui les concernent, les princes et les princesses issus de la descendance masculine et directe de feu S.M. Léopold Ier, seront qualifiés de princes et princesses de Belgique, à la suite de leurs prénoms et avant la mention de leurs titres originaires [...] ». 

Les membres de la famille royale de l'époque ont donc reçu le titre de « Prince de Belgique » ou de « Princesse de Belgique », l'arrêté royal de 1891 ayant une portée rétroactive. Notons que le prince Baudouin, neveu du roi Léopold II et qui fut considéré comme l'héritier putatif jusqu'à son décès inopiné en janvier 1891, ne s'est jamais vu remettre officiellement le titre de « Prince de Belgique ». D'ailleurs, pour preuve, seuls ses titres allemands figuraient sur son faire-part de décès. Notons également que ces titres princiers sont également portés par un Roi et une Reine. Se transmettant par voie masculine, le titre s'obtient alors automatiquement et personnellement pour les conjointes : ainsi, par exemple, l'épouse du prince Albert de Belgique, futur souverain, devint lors de son mariage en 1900 la « Princesse Elisabeth de Belgique », et non la « Princesse Albert de Belgique ». Dans le cas hypothétique d'une adoption, l'individu adopté pourrait jouir du titre princier belge tout en ne pouvant pas prétendre au trône.

Suite à l’abrogation de la loi salique le 21 juin 1991, des modifications ont été apportées au niveau de l'octroi de ces titres dynastiques. Désormais, ils se transmettent depuis la descendance directe du prince Albert de Belgique, futur Albert II, aussi bien par voie masculine que féminine. Cette disposition va à l'encontre des règles habituelles d’octroi des titres nobiliaires en Belgique. De cette manière, les deux enfants de la princesse Astrid nés avant cet arrêté, à savoir Amedeo en 1986 et Maria-Laura en en 1988, ont obtenu le titre de « Prince de Belgique » et de « Princesse de Belgique » de manière rétroactive, en même temps qu'ils ont intégré l'ordre de succession au trône. Quant aux trois enfants nés après 1991, à savoir Joachim, Luisa-Maria et Laetitia-Maria, ils obtinrent automatiquement à leur naissance ces titres grâce à leur mère. Et à l'avenir, les nièces du roi Philippe pourront ainsi transmettre elles-aussi leur titre, sauf si un jour un nouvel arrêté royal est adopté afin de limiter le nombre de Princes et Princesses belges en se focalisant sur la descendance d'un membre de la famille royale.

Mais, autre conséquence de l'arrêté royal de 1991, le titre princier ne se transmet plus automatiquement aux conjointes. La dernière Princesse a l'être devenue automatiquement par mariage est la princesse Léa qui a épousé le prince Alexandre en mars 1991. Désormais, le Roi s'arroge le droit de conférer ou non un titre princier pour le conjoint d'un Prince ou d'une Princesse de Belgique. Ainsi, le roi Albert II a titré son beau-fils, l'archiduc Lorenz, « Prince de Belgique » par un arrêté royal du 10 novembre 1995. Il fit de même avec ses deux belles-filles, Mathilde d'Udekem d'Acoz et Claire Coombs, titrées « Princesse de Belgique » respectivement par les arrêtés royaux du 8 novembre 1999 et du 1er avril 2003. La fin de l'automaticité de la transmission du titre par mariage devrait aller de pair avec un octroi de ce titre aux conjoints les plus proches du Roi, comme un beau-fils ou une belle-fille. Ainsi, le roi Philippe n'a pas titré l'épouse du prince Amedeo en 2014, qui ne peut être qu'appelée « Princesse Amedeo de Belgique », même si rien ne l'empêche de prendre une telle décision par la suite. 

Duc et Duchesse en Saxe & Prince et Princesse de Saxe-Cobourg-et-Gotha

Comme évoqué précédemment, les titres allemands de la famille royale étaient les seuls qu'elle possédait jusqu'en 1891, moment à partir duquel ils passèrent au second plan, derrière les éventuels titres historiques (voir plus loin) et après un titre princier belge. Les titres allemands étaient celui de « Duc en Saxe » ou de « Duchesse en Saxe » (et non « Duc de Saxe » réservé à la branche aînée de la Maison de Saxe) et de « Prince de Saxe-Cobourg-et-Gotha » ou de « Princesse de Saxe-Cobourg-et-Gotha » (auparavant « Saxe-Cobourg-Saalfeld » avant que le titre ne soit modifié en 1826 suite à l'échange du duché de Saalfeld contre celui du duché de Gotha).

Suite à la Première Guerre Mondiale, le roi Albert ne désira plus faire usage de ces titres allemands. Cette décision n'a jamais été entérinée officiellement. Il s'agit juste d'une décision verbale du souverain le 22 avril 1921, notifiée au ministre des Affaires étrangères par le chef de cabinet du roi. Ces titres ne se retrouvèrent pas dans l'acte de décès du roi Albert en 1934, ni dans les actes de naissance des enfants du prince Léopold et de la princesse Astrid. Mais il s'agit d'une abrogation officieuse, sans fondement juridique, d'ailleurs tout prince ou princesse de Belgique pourrait - juridiquement - prétendre à ces titres allemands. Lors du remariage du roi Léopold III avec Lilian Baels en 1941, les titres allemands furent mentionnés. Outre le titre de « Princesse de Rethy » (voir plus loin), le monarque désirait que son épouse puisse obtenir les titres de « Duchesse en Saxe » et de « Princesse de Saxe-Cobourg-et-Gotha ». La princesse Lilian n'usa jamais de ces titres allemands et ils ne se retrouvèrent pas dans l'acte de naissance du prince Alexandre, né en 1942. Le roi Léopold III pensait à juste titre qu'il pouvait prétendre à ces titres, mais il s'agissait là d'une maladresse en temps de guerre qui fut l'un des reproches adressés au roi lors de la Question Royale.

Les titres historiques

Afin de ressusciter d'illustres titres belges et d'en parer la jeune famille royale d'origine allemande, un arrêté royal du 16 décembre 1840 décerna des titres historiques aux deux fils du roi Léopold Ier : le titre de « Duc de Brabant » pour son fils aîné, le futur Léopold II, et le titre de « Comte de Flandre », pour le prince Philippe.

Le titre de « Duc de Brabant » est destiné au fils aîné du Roi, et non pas à l'héritier du trône. Ainsi, lorsqu'il fut héritier de 1891 à 1909, le futur roi Albert, en tant que neveu du roi Léopold II, n'a pas porté ce titre. Les détenteurs successifs du titre furent le prince Léopold (futur Léopold II) de 1840 à 1865, le prince Léopold (fils aîné du roi Léopold II) de sa naissance en 1865 à sa mort en 1869, le prince Léopold (futur Léopold III) de l'accession au trône de son père en 1909 à 1934, le prince Baudouin (futur roi Baudouin) de l'accession au trône de son père en 1934 à 1950 et le prince Philippe (actuel roi Philippe) de l'accession au trône de son père en 1993 et l'abdication de ce-dernier en 2013. Depuis cette date, et grâce à l’abrogation de la loi salique en 1991, c'est la princesse Elisabeth qui porte le titre de « Duchesse de Brabant ». S'il devait s'avérer que le détenteur du titre décède prématurément, il reviendrait alors à son fils ou sa fille aîné(e). 

Le titre de « Comte de Flandre » fut porté par le prince Philippe (frère de Léopold II) jusqu'à sa mort en 1905. Désireux de perpétuer la tradition, le roi Albert décida d'octroyer ce titre à son second fils, Charles, suite à son avènement en 1909. Le prince Charles porta son titre jusqu'à son décès en 1983. Un arrêté royal du 12 juin 1859 accordait un nouveau titre : « Comte de Hainaut ». Il fut décerné au premier petit-fils du roi Léopold Ier et fils du futur Léopold II. Il le porta jusqu'à l'avènement de son père en 1865, moment à partir duquel il se vit octroyer le titre de « Duc de Brabant ». Le 10 septembre 1930, un arrêté royal automatisa la décision de 1859 : le titre est de nouveau accordé au prince Baudouin, le petit-fils aîné du roi Albert Ier et fils du futur Léopold III. Il porta ce titre jusqu'à l'avènement de son père en 1934 pour le troquer contre le titre de « Duc de Brabant ».

A son accession au trône en 1934, le roi Léopold III a deux fils. Le premier Baudouin, a pu compter sur des titres historiques en tant que fils aîné du duc de Brabant de l'époque puis en tant que fils aîné de roi. Afin de perpétuer la tradition, le roi Léopold III désira attribuer aussi un titre historique à son second fils, Albert. Le titre de « Comte de Flandre » étant détenu par son frère, le prince Charles, le souverain créa un quatrième titre historique par arrêté royal du 7 juin 1934 : « Prince de Liége ». Ce titre non seulement rappelait l’illustre principauté de Liège, mais voulait aussi honorer la résistance liégeoise lors de la Première Guerre Mondiale. L'orthographe de la ville correspondait à l'ancienne orthographe et possédait donc un accent aigu (« Liége » au lieu de « Liège »).

Ces titres historiques sont personnels et ne peuvent être transmis à la descendance. Ils passent avant ceux de « Prince de Belgique » et sont abandonnés lorsque le détenteur se voit octroyer un autre titre historique ou lorsqu'il accède au trône. Comme pour le titre de « Reine des Belges » ou de « Prince de Belgique » et « Princesse de Belgique » (de 1891 à 1991), les conjoints obtiennent automatiquement ces titres. Dès lors, lorsque la princesse Elisabeth qui porte le titre de « Duchesse de Brabant » se mariera, son époux deviendra dans la logique des choses « Duc de Brabant ». Cette situation est similaire, par exemple, au cas de la princesse héritière Victoria de Suède : depuis leur mariage, elle et son époux, jouissent du titre de Duchesse et Duc de Västergötland.

Un arrêté royal du 16 octobre 2001 a abrogé trois des quatre titres historiques « pour tenir compte de l'évolution constitutionnelle du pays ». Les titres de « Comte de Flandre », « Comte de Hainaut » et « Prince de Liége » sont donc abandonnés parce qu’il était possible de les rattacher à des provinces actuelles belges, certes différentes géographiquement de la principauté et des comtés historiques visés, se trouvant d'un côté ou de l'autre de la frontière linguistique. Seul le titre de « Duc de Brabant » persiste. En effet, le Brabant, anciennement une province unifiée, a été séparé en deux : le Brabant flamand et le Brabant wallon. Dès lors, ce titre ducal reste neutre dans un climat de tensions linguistiques au sein du pays. Par ailleurs, ces titres n'avaient plus refait surface lors de l'accession au trône du roi Albert II en 1993.

Princesse de Rethy

Le roi Léopold III et Lilian Baels étaient conscients que suite à leur mariage, les Belges accepteraient mal que la seconde épouse du souverain porte le titre de « Reines des Belges », la mémoire de la reine Astrid étant encore très vivace dans les esprits. Le roi décida de la titrer « Princesse de Rethy ». La famille royale empruntait depuis longtemps ce patronyme afin de passer incognito à l'étranger. Ainsi le roi Albert se faisait appeler « Comte de Rethy » lors de ses voyages privés, en référence à des terres que la famille possédait à Retie, en Campine anversoise. Le roi Léopold III a par ailleurs voulu également ajouter à sa titulature le titre de « Prince de Rethy » afin de rendre hommage à son épouse, ce qui ne fut pas fait. Plusieurs personnes ont remis en cause la validité de l'octroi de ce titre puisque le souverain était alors en impossibilité de régner. Ce titre ne serait donc que de courtoisie. Par ailleurs, ce titre n'a pas été transmis à leur descendance qui n'en a jamais fait usage.  

Prince Royal

C'est le titre qui fut attribué au prince Baudouin, lorsque son père, le roi Léopold III, lui délégua ses pouvoirs royaux en l'attente de son abdication. Exerçant alors la lieutenance, le prince Baudouin porta ce titre du 10 août 1950 au 16 juillet 1951, date à laquelle son père a abdiqué et où il est devenu roi. Il semble que ce titre ait également été abusivement attribué au prince Louis-Philippe-Léopold (premier enfant du roi Léopold mort en bas âge) et le prince Léopold (fils unique du roi Léopold II mort à neuf ans).   

Les titres autrichiens de la princesse Astrid et de sa famille

Le prince Lorenz, époux de la princesse Astrid, a transmis ses titres autrichiens à son épouse et à ses enfants. Né de Habsbourg-Lorraine, le prince Lorenz est « Archiduc d'Autriche-Este », « Prince Impérial d'Autriche » et « Prince Royal de Hongrie et de Bohême » et « Duc de Modène » depuis le décès de son père en 1996, sans oublier le titre de « Prince de Belgique » qui lui a été octroyé en 1995. Selon l'arrêté royal de 1995, il est qualifié de « Prince de Belgique à la suite des noms et titres qui lui sont propres ».

Son épouse, la princesse Astrid, peut prétendre par mariage aux titres d' « Archiduchesse d'Autriche-Este », de « Princesse Impériale d'Autriche », de « Princesse Royale de Hongrie et de Bohême » et de « Duchesse de Modène ». Quant à leurs enfants, outre le titre de « Prince(sse) de Belgique », ils disposent également de celui d' « Archiduc(hesse) d'Autriche », de « Prince(sse) Impérial(e) d'Autriche », de « Prince(sse) Royal(e) de Hongrie et de Bohême » et de « Prince(sse) de Modène » (dont le prince Amadeo est l'héritier du titre de « Duc de Modène »). Tout comme leur époux ou père, leur prédicat est aussi celui d' « Altesse Impériale et Royale ».

Cependant, l'usage veut que la princesse Astrid et ses enfants ne portent uniquement que leur titre belge lorsqu'ils sont en Belgique et qu'ils portent le simple prédicat d' « Altesse Royale ». Le prince Lorenz, malgré le fait que son titre de « Prince de Belgique » vient, selon l'arrêté royal de 1995, après ses autres titres, a adopté le même usage que son épouse et ses enfants. A noter, par ailleurs, que les enfants de la princesse Astrid portent le nom patronymique « de Belgique » et non pas « de Habsbourg-Lorraine ».

12 septembre 2011

Séance photo au château de Fischbach en 1987

Le grand-duc héritier Henri et la grande-duchesse héritière Maria-Teresa
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

Le grand-duc Jean, la grande-duchesse Joséphine-Charlotte et le couple grand-ducal héritier
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

Le couple grand-ducal entouré des grands-ducs héritiers et de leurs petits-enfants, les princes Guillaume, Félix et Louis
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)

9 septembre 2011

Le château de Losange

Le château de Losange est situé dans la localité de Villers-la-Bonne-Eau, section de la ville de Bastogne, dans la province belge du Luxembourg.  L’édifice actuel a été jadis bâti autour des dépendances de l’ancien château, dont les fondations ont été retrouvées en 1941 dans l’étang du domaine.

(© Patricia Matthieu de Wynendaele)

On repère en 1420 un dénommé Nicolas de Losange. Les traces réapparaissent ensuite sous le nom de Hartard de Vaulx. Ce personnage édifie très certainement le château en 1597 à l’emplacement de l’étang actuel. François de Vaulx, prévôt de Bastogne (fils ou frère d’Hartard) achète les droits seigneuriaux à Losange en 1628. La seigneurie se compose alors des hameaux de Lutrebois, Watungen, Harlingen, Boulaide et Livarchamps.

La construction du château à son emplacement actuel, progressivement agrandi et aménagé, est due probablement à Herman de Trappé. Il est le fils d’Herman-François de Trappé (1632-1706), seigneur de Losange, fait chevalier par l’empereur Léopold Ier en 1663, et de Marie de Fabry. Son père renonce à la seigneurie de Losange à son profit en 1702. Il épouse en 1707 Anne-Marie de Cicignon, la fille du seigneur de Wampach, et décède en 1747.

C’est la fille d’Herman, Marie-Charlotte de Trappé qui hérite du domaine. Elle est l’épouse d’Albert-Louis de Monflin, seigneur de Bondorff, Bilsdorff et Arsdorff. Le couple aura trois enfants : deux fils, morts célibataires, et une fille, Marie-Charlotte de Monflin, à qui est légué Losange, le château, les près, terres et bois. Marie-Charlotte épouse un Trappé, cousin germain de sa mère : Edmond-Herman de Trappé, seigneur de Boulaide, Chacoux, Schouwinckel, chambellan du prince-évêque de Liège et fils du bourgmestre de Liège, Nicolas-Dieudonné de Trappé. 

(© Patricia Matthieu de Wynendaele)

Le château passe alors au fils d’Edmond-Herman et de Marie-Charlotte : Jean-Herman, un poète. Il a été fait baron en 1789 et a été nommé en 1816 au Corps équestre du Luxembourg (assemblée des provinces du Royaume des Pays-Bas où siègent les nobles). Une rue du quartier Saint-Christophe de Liège porte d’ailleurs aujourd’hui son nom. Il avait épousé Elisabeth Colette, décédée en 1821 sans lui avoir donné d’enfant. Après son décès en 1832, le château passe alors à sa sœur, Marie-Charlotte de Trappé. Cette dernière est l’épouse, depuis 1777, du baron Lambert-Armand van den Steen de Jehay, échevin de la Souveraine Justice de Liège. Lors de l’invasion française, la famille a dû quitter la région et n'est revenue qu’en 1801. Marie-Charlotte meut à Jehay en 1808 et son château passe à son fils survivant, Charles, en 1832.

Licencié en droit, le baron Charles van den Steen est auditeur au Conseil d’Etat sous l’Empire. Il deviendra également sénateur de Waremme, gouverneur de la province de Liège et envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près du Saint-Siège, où il décède en fonction en 1846. Il avait épousé Charlotte de Grumsel d’Emale en 1811. Veuve, elle obtient du roi Léopold Ier la concession du titre de comte pour sa famille, transmissible à la descendance masculine. 

Peinture de Louis De Martelaere (1819-1864)

C’est le deuxième enfant de Charles et Charlotte qui hérite : le comte Louis van den Steen de Jehay, député de Huy. Il épouse en 1859 la comtesse Alix de Gourcy-Serainchamps qui décède 20 jours après le mariage, en voyage de noces. Le comte ne se remariera jamais. A sa mort, le château demeure en indivision face aux différents ayant droits : les comtes Armand, Léopold, Xavier, Victor et les comtesses Charlotte et Eleonore van den Steen de Jehay, ses frères et sœurs.

En 1879, les héritiers décident de louer le château à Lionel Donner, un officier de cavalerie, époux de Marie Charmet. Des treize enfants du couple, plusieurs naissent à Losange. Le bail prend fin en 1888 et est renouvelé par Emile van Hoorde, avocat près la Cour d’appel de Bruxelles et député de Bastogne. A partir de 1894, le château reste inoccupé, et ce jusqu’au 3 mars 1891, où les héritiers parviennent à régler l’indivision.

C’est le comte Frédéric van den Steen de Jehay, neveu du comte Louis et fils du comte Victor, qui reprend la demeure. Surnommé Fritz, il est diplomate. De 1903 à 1910, 83 bénédictines de l’abbaye de Jouarre trouvent refuge au château. A cette époque, la France menait une politique assez inhospitalière à l’encontre d’associations, et particulièrement concernant les congrégations religieuses. Un cloître en bois fut même construit, reliant le château aux dépendances. Plusieurs bénédictines décèderont au château et seront inhumées à Villers-la-Bonne-Eau.
 
A partir de 1910, le comte Fritz utilise le château comme résidence d’été. Epoux, depuis 1902, de la baronne Henriette Snoy, fille du baron Georges Snoy et de la comtesse Alix du Chastel de la Howarderie, il est nommé envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Belgique à Luxembourg. Dès 1912, il charge l’architecte Pauwels d’harmoniser la façade de la demeure et de moderniser l’intérieur. Les travaux seront stoppés durant la Première Guerre Mondiale et s’achèveront finalement en 1920. Une chapelle fut même érigée, dont les vitraux évoquent les armes des familles van den Steen-Trappé et van den Steen-Snoy. Dans les années 1930, la terrasse donnant sur l’étang est aménagée et l’intérieur subit de nombreuses transformations.
 
Le comte Fritz décède le 7 octobre 1918 suite à une chute de cheval à Vinkem. Sa veuve, née Snoy, conservera l’usufruit de la demeure jusqu’à son décès en 1957 à Bruxelles. Elle fut la dame d’honneur de la reine Elisabeth. Des relations étroites se nouèrent d'ailleurs entre elle et la famille royale belge. A diverses reprises, des membres de la famille royale ont fréquenté Losange : le duc de Brabant, futur Léopold III, en 1926, le prince Léopold, la princesse Astrid et la princesse Marie-José en 1928, sans oublier les fiançailles de la princesse Marie-José et du prince Umberto de Savoie en 1929.

Le prince Léopold, duc de Brabant, en 1926

Le roi Albert Ier et sa fille la princesse Marie-Josée au moment de ses fiançailles en septembre 1929

La princesse Marie-José, le duc et la duchesse de Brabant et la comtesse Frédéric van den Steen de Jehay en 1928


Le château, ainsi qu’une partie du mobilier, a connu de graves dommages durant l’hiver 1944-1945, à l’occasion de l’offensive von Rundstedt dans les Ardennes. Après la guerre, la comtesse Frédéric se chargea de la restauration de la demeure.



En 1958, le château est mis en vente par une compagnie immobilière qui l’avait acquis aux van den Steen de Jehay. Suzanna van Outryve d'Ydewalle, veuve du baron Charles d'Udekem d'Acoz, achète alors cette propriété de 300 hectares, estimée aujourd'hui à près de 800.000 euros. Cet achat, c'est un cadeau pour l'un de ses fils, Patric d’Udekem d’Acoz, âgé alors de 22 ans. Il sera le dernier bourgmestre de Villers-la-Bonne-Eau, conseiller communal de Bastogne, conseiller provincial de la province du Luxembourg, juge consulaire au tribunal de Neufchâteau et exploitant forestier. Il s’installe tout d’abord dans les dépendances datant de 1850.

C’est à partir de son mariage en 1971 avec la comtesse Anne Komorowska, d’origine polonaise, que la restauration du château débute. Celui-ci était inoccupé depuis 1957. Le couple donnera naissance à cinq enfants : Mathilde en 1973, Marie-Alix en 1974, Elisabeth en 1977 (épouse du marquis de Pallavicini), Hélène en 1979 (épouse du baron Nicolas Janssen) et Charles-Henri en 1985. Le père de la future reine Mathilde en est devenu pleinement propriétaire au décès de sa mère, en 1983. Sa belle-mère, la princesse Saphiesa-Kodenska, habitait également au château. Elle est décédée en 1997 au volant de sa voiture avec sa petite-fille, Marie-Alix.
Le comte et la comtesse Patrick d'Udekem d'Acoz en 1999
(© Patricia Matthieu de Wynendaele)
La future princesse Mathilde à Losange
Mathilde, née le 20 janvier 1973 à Uccle, passera toute sa jeunesse dans le château ardennais. Elle ne sortira de l’anonymat qu’en 1999 à l’annonce de ses fiançailles avec le prince héritier Philippe de Belgique, duc de Brabant. Les journalistes prendront alors d’assaut la demeure familiale des d’Udekem d’Acoz. Le roi des Belges, Albert II, élèvera alors Patrick d'Udekem d'Acoz au rang de comte, ainsi que ses frères, Henri et Raoul.
 
La comtesse Patrick d’Udekem d’Acoz est veuve depuis 2008. Le domaine est gardé et il peut se voir depuis la route. Il n'est pas rare que Philippe et Mathilde, désormais le nouveau couple royal, avec leurs enfants, s'y rendent pour des dîners familiaux ou pour y passer le week-end.

6 septembre 2011

Il y a 2 ans : mariage du prince Edouard de Ligne la Trémoïlle

Il y a tout juste deux ans, le prince Edouard, Lamoral, Rodolphe de Ligne la Trémoïlle épousait l'actrice italienne Isabella Orsini à Antoing. Le couple s'était déjà marié civilement le 2 septembre. J'ai eu la chance de pouvoir assister à la cérémonie religieuse et je garde de cet événement un souvenir impérissable que je vais essayer de vous faire partager.

Les origines et la famille du prince Edouard

La Maison de Ligne la Trémoïlle est une branche cadette de la Maison de Ligne. Ses membres s’appelleraient aujourd'hui "de Ligne" si le prince Jean-Charles de Ligne (1911-2005) n'avait pu relever le nom de sa mère, voué à l'extinction.

Jean-Charles est le fils du prince Florent de Ligne (1881-1967) et de la princesse Charlotte de La Trémoïlle (1892-1971). Le prince jouit alors d'une prestigieuse ascendance. En effet, les Ligne sont originaires du Hainaut et leur filiation remonte de façon avérée jusqu'au XIIème siècle. L'aîné de cette famille porte également les titres de prince d'Amblise et d'Epinoy, prince du Saint-Empire ainsi que celui de Grand d'Espagne. Le prince Jean-Charles est lui-même l'arrière-petit-fils du 8ème prince en titre : le prince Eugène de Ligne (1804-1880), président du Sénat de 1852 à 1879. 

La famille La Trémoïlle est, elle, une maison féodale originaire du Poitou et son ascendance peut remonter jusqu'à Godefroid de Bouillon. Leur vicomté de Thouars est élevé en duché en 1563 par le roi Charles IX. Au cours des siècles, ils ajoutent à leurs titres de duc de La Trémoïlle et de duc de Thouars, ceux de prince de Talmont, prince de Tarente et comte de Laval. Ils peuvent également prétendre au trône de Naples, c'est d'ailleurs dans ce contexte qu'ils eurent, durant l'Ancien Régime, le rare statut de prince étranger. Par la branche de Brienne, ils sont de possibles prétendants au trône pour le royaume de Jérusalem, comme le sont le roi Juan Carlos Ier d'Espagne, le duc d'Anjou, le prince Victor-Emmanuel de Savoie, le duc de Calabre, le duc de Castro, l'archiduc Karl de Habsbourg ou encore Patrick Guiness. Il en est de même pour le royaume de Chypre et pour le royaume arménien de Cilicie. En 1933, Jean-Louis, 12ème duc de La Trémoïlle, 13ème duc de Thouars, 13ème prince de Tarente et 17ème prince de Talmont, décède au cours de l'incendie d'un manoir en Angleterre. Il n'a que 23 ans et n'a pas contracté mariage, de plus, il était le dernier représentant mâle de sa famille.

Le 20 décembre 1934, la Belgique permet au prince Jean-Charles de relever le nom de sa mère. Il devient alors prince de Ligne de La Trémoïlle et en tant que membre de la famille de Ligne, il conserve son prédicat d'altesse. En 1942, Jean-Charles épouse à Paris, Maria del Rosario de Lambertye-Gerbéviller (1922), fille de Charles-Edmond de Lambertye, marquis de Gerbéviller et de Loraine Sancho-Mata y Contreras. Le couple aura trois enfants : Hedwige (née à Madrid en 1943), Charles-Antoine (né à Paris en 1946) et Nathalie (née à Paris en 1948).

La princesse Hedwige a épousé en 1966 à Antoing le prince Charles-Guillaume de Merode (1940), marquis de Westerloo, prince de Rubempré et de Grimberghe, héritier d'une autre grande famille qui a fondée une branche belge. Le couple habite au château de Serrant, dans le Maine-et-Loire, propriété héritée des La Trémoïlle. Le château est arrivé dans la famille par le mariage en 1830 de Valentine Walsh de Serrant (1814-1887) et de Charles Bretagne de La Trémoïlle (1764-1839). Le couple a deux enfants : Frédéric en 1969 et Emmanuel en 1970. Le prince Frédéric a épousé en 1996, en Ecosse, Hannah Robinson et est le père du prince Félix (2000) et de la princesse Isabelle (2002). Le prince Emmanuel est quant à lui anthropologue et l'actuel directeur du parc national des Virunga au Congo. Il a épouse en 2003 Louise Leakey, une paléontologue kenyanne (son père et son grand-père sont également des paléontologues de renom), avec qui il a eu deux enfants : la princesse Seiya (2004) et la princesse Alexia (2006).

Le prince Charles-Guillaume de Merode et la princesse Hedwige de Ligne la Trémoïlle en audience au Vatican (© D.R.)
La princesse Nathalie a épousé le prince Alain de Polignac (1940), parent éloigné des princes de Monaco, en 1976 au château de Serrant. Il est le fils du prince Edmond de Polignac (1914-2010) et de Ghislaine Brinquant (1918-2011), figure emblématique des soirées parisiennes. Le couple s’installe dans la région de Reims car le prince Alain travaille pour les Champagnes Pommery (la grand-mère maternelle du prince Edmond était une Pommery) et a eu deux enfants : le prince Ludovic (1974) et la princesse Diane (1976). La princesse Nathalie est malheureusement décédée en 1992 à Paris (elle repose dans la chapelle du château de Serrant) et n'a pas pu voir l'union de sa fille Diane avec Khalil Boisson de Chazournes (1972) qui s'est déroulée en 2001 au château de Serrant.

Le prince Charles-Antoine a suivit des cours de droit à l'Institut Catholique de Paris et est passé par l'université privée de Cornell, dans l'état américain de New-York, pour le management et l'administration hôtelière. Il est le co-fondateur d'une société basée aux États-Unis : Larex. Cette compagnie promeut le développement le long d'un corridor défini par le fleuve Los Angeles et elle défend également l'installation d'une ligne de chemin de fer à grande vitesse, reliant San Francisco à San Diego. En avril 1993, le prince a été reçu au Capitole, avec ses associés, afin de présenter son projet de ligne de chemin de fer. Certains élus sont favorables au prince tandis que d'autres sont à convaincre alors que le gouvernement réfléchit à l'installation de cette voie ferrée. Le but du prince est de mettre sur pied une équipe chargée de la construction de la ligne et de trouver, s'il en est besoin, des fonds et des investisseurs. Certains élus et responsables américains passent également par le château d'Antoing. Je ne sais cependant pas quelles sont les suites de cette affaire, et je ne sais pas dans quelles mesures le prince est encore actif dans cette société, mais il est toujours présent dans le monde des affaires. Outre le château d'Antoing et les terres avoisinantes, qui proviennent de l'héritage des Ligne, le prince posséderait également deux propriétés en France (notamment à Paris, où il habite davantage qu'à Antoing). En 2003, le prince présente un projet de centre de sports et de loisirs qui pourrait se voir être construits sur ses terres, soit 350 hectares à Maubray (Antoing). L'idée est gigantesque : quatre pistes de ski couvertes, un centre aquatique chauffé, une piscine de surf avec vagues, un étang pour ski nautique, une rivière pour le rafting, une piste de roller et un parcours d'aventure. Certains hommes politiques sont séduits par ce projet qui devrait dynamiser le tourisme et créer plusieurs centaines d'emploi, mais au final le gouvernement wallon s'y oppose, et le prince reçoit même le chardon 2008, décerné par la fédération inter-environnementale Wallonie considérant le projet princier comme un coût énergétique démesuré. Après plusieurs modifications, le projet s'est réduit : limitation à 55 hectares, construction de 640 cottages, d'un hôtel de 80 chambres et de la possibilité de pratiquer une vingtaine d'activités sportives et de découverte (en excluant les pistes de ski). Cette dernière mouture semble, selon la presse, avoir été acceptée en 2010 et, à l'époque, on parlait d'une fin des travaux en 2012 et d'un investissement de 200 millions d'euros. Affaire à suivre...

Le prince Charles-Antoine épouse à Paris, en 1971, lady Moira Beatrice Forbes (1951), fille du 9ème comte de Granard, mais l'union est dissoute en 1975. Le prince convole en deuxième noces avec la princesse Alyette de Croÿ-Roeulx qu'il épouse à Neuilly-sur-Seine, le 23 janvier 1976. La princesse Alyette est née en 1951 à Paris. Elle est la fille du prince Rodolphe de Croÿ-Roeulx (1924) et d'Odile de Bailleul (1926). Elle appartient à la deuxième famille noble belge par préséance : les Croÿ. Ils ont fondés en Belgique trois branches : les Croÿ-Solre (la branche aînée, à laquelle appartient donc le Chef de famille, et qui sont princes de Croÿ et de Solre depuis 1933), les Croÿ-Roeulx (titré comme tels depuis 1927 et possédant le château du Roeulx) et les Croÿ-Rumillies (qui habitent au château de Rumillies mais qui sont restés "prince de Croÿ"). Comme descendante des Croÿ, elle possède le prédicat d'altesse sérénissime. Son frère, le prince Olivier de Croÿ-Roeulx (1948) a repris le château du Roeulx depuis 1998, avec son épouse Isabelle Bockholtz (1954). Le couple formé par Alyette et Charles-Antoine a eu deux enfants, avant de vivre séparement : le prince Edouard, né le 27 septembre 1976, et le prince Charles-Joseph, né le 25 février 1980, tout deux dans le VIIIème arrondissement de Paris.

On peut se poser la question de la dénomination exacte du nom de famille, car plusieurs variantes existent. Il semble que le prince Jean-Charles soit devenu officiellement prince de Ligne de La Trémoïlle (par ailleurs, Trémoïlle, se prononce, "Trémouille"). Cependant, il est possible que le patronyme est été modifié par la suite. Bien souvent, les princes sont actuellement appelés "de Ligne La Trémoïlle" ou "de Ligne la Trémoïlle", dont cette dernière version a été utilisée pour le livret de la cérémonie religieuse. Quant à l'acte de mariage, signé à la commune d'Antoing, celui-ci porte le patronyme "de Ligne - La Trémoïlle".


Le mariage

Le prince Edouard a étudié au Collège Alpin International Beau Soleil, institut privé qui a vu également le passage des princes Félix et Louis de Luxembourg. Il poursuit ensuite avec des études universitaires à "Richmond, The American International University in London", université privée de Grande-Bretagne. Il rencontre Isabella en 2005 à Paris, où il vit la majorité du temps. Isabella Orsini est la fille de Mario Orsini et de Lolita Rossi. Elle est née  le 2 décembre 1974 à Pérouse. Son père est actif dans le monde de l'art, il possède une galerie d'art où il reçoit de nombreux artistes et Isabella est baignée depuis son plus jeune âge dans cet univers. En 1977, la famille s'agrandit avec la venue de David Andrea. Isabella est inscrite au collège situé dans le Conservatoire Francesco Morlacchi de Pérouse puis dans un autre lycée de la ville. Elle s'inscrit ensuite à l'université pour étrangers de Pérouse où elle y décroche une maitrise en droit. Parallèlement à sa scolarité, elle suivra des cours à l'école théâtrale du Teatro di Sacco à partir de ses 14 ans jusqu'à ses 17 ans. Après l'université, elle s'oriente vers une carrière artistique, elle multiplie alors les cours : théâtre, diction et phonétique. Elle quitte ensuite sa ville natale et s'installe à Vienne, puis à New-York, quelques temps à Los Angeles, à Rome et finalement à Paris (où elle rencontre Edouard) avant de se retrouver Rome. Après être montée sur les planches, elle débute au cinéma en 1999 et jouera par la suite dans plusieurs séries télévisées.     

La petite Isabella avec ses parents, Mario Orsini et Lolita Rossi (© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

Bien avant la cérémonie, la presse belge a beaucoup parlé de ce mariage : outre le fait d'être actrice, Isabella est la filleule de Silvio Berlusconi, président du Conseil des ministres italien. Jusqu’à la dernière minute, l'annonce de sa venue fut laissée en suspend et il n'a finalement pas assisté à la cérémonie car il était retenu en Italie pour d'autres affaires. Des représentants de la famille royale belge avaient été aussi annoncés, en l'occurrence le prince Philippe et la princesse Mathilde, mais les ducs de Brabant n'étaient pas présents. Malgré ces absences la fête fut tout de même grandiose, réunissant des invités du gotha, des amis venu du monde entier et quelques personnalités.  

Le mariage religieux a été célébré en l'hôtel de ville d'Antoing, par le bourgmestre Bernard Bauwens. La cérémonie fut assez sobre, et seuls les membres proches de la famille y ont assistés. Ensuite, les époux ont pris un bain de foule sur la place Bara.

Signature de l'acte de mariage en l'hôtel de ville d'Antoing (© Princesse Edouard de Ligne la Trémoille)
Lors de la cérémonie après le mariage civil : les époux aux côtés de la princesse Alyette de Croÿ-Roeulx, mère du prince Edouard (© Princesse Charles-Joseph de Ligne la Trémoïlle)

Le mariage religieux était prévu pour 17h, et quelques heures avant l'événement nombreux étaient déjà les curieux, de la ville d'Antoing et de plus loin, et se masser autour de l'église Saint-Pierre ou le long du parcours des invités. Plus d'un millier de personnes assisteront à ce mariage. Le dernier mariage princier célébré à Antoing remonte d'ailleurs au 3 octobre 1966 avec l'union de la princesse Hedwige de Ligne la Trémoïlle et du prince Charles-Guillaume de Merode. Pour l'occasion, la ville était pavoisée d'étendards rouge et or rappelant la Maison de Ligne ainsi que de drapeaux italiens.

La princesse avait fait appel au couturier belge Gérald Wathelet pour la création de sa robe de mariée. Celle-ci était un modèle bustier, surmonté d'un boléro de style espagnol, en satin côtelé et faille de soie de couleur "isabelle". La robe était dotée d'un voile en dentelle de Bruxelles et d'une traine de trois mètres portée par six demoiselles d'honneur. Cette robe a quelques ressemblances avec la robe portée il y a peu par Catherine Middelton lors de son mariage avec le prince William. Isabella avait confié sa coiffure à Jean-Luc Minetti, directeur artistique de la maison Alexandre de Paris et l'avait surmontée d'un diadème en or blanc parsemé d'aigues-marines. Exécuté par la maison bruxelloise Holemans, il est composé de 15 aigues-marines de tailles dégradées, dont celle placée au centre totalise 73,28 carats, tandis que les 360 brillants composent un entrelacement de "L", initiales de la prestigieuse famille de Ligne. Le diadème a nécessité 500 heures de travail et 122 heures de sertissage, et le "Soir Magazine" estime à 50.000 € le prix de ce bijou.      

La mariée dont les derniers détails sont peauffinés, en compagnie notamment de son couturier, Gerald Wathelet (© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)
Le diadème (© Holemans)
Les différents invités arrivèrent au compte-goutte et les rues principales de la ville étaient interdites à la circulation de 13h à 20h. Le parking de l'église était mis à disposition de certains invités V.I.P. tandis que d'autres invités, garés au château, seront amenés par des navettes et des voitures de luxes. Un service d'ordre avait été mis sur pied et comptait une cinquantaine de policiers, certains étaient placés à la sortie d'autoroute afin de guider les invités. Quelques cavaliers et motards avaient été réquisitionnés, ainsi que des pompiers et des membres de la Croix-Rouge. La famille princière avait également engagé quelques gardes du corps.   

A 16h, le défilé des voitures commence, il s'agit de quatre Porches qui ne cessent de faire l'aller-retour entre le château et l'église, tandis que d'autres invités arrivaient par le parking de l'église. Parmi ceux-ci on pouvait voir le prince Jean de Luxembourg et sa seconde épouse, Diane de Guerre, le duc et la duchesse d'Orléans, la princesse Philipp de Liechtenstein, le prince et la princesse Alexandre de Beauharnais, le duc de Blacas et ses enfants, le prince et la princesse Pierre d'Arenberg, le prince et la princesse Sforza Ruspoli, don Pedro de Bragance et son épouse, le prince Lelio Orsini d'Aragona,... Les familles nobles belges étaient bien entendu représentées : le comte et la comtesse Albert de Limburg-Stirum, le comte et la comtesse Thierry de Limburg Stirum, le comte et la comtesse Alexis de Limburg-Stirum (le comte a épousé la comtesse Beatrix de Blacas d'Aulps, fille du témoin du marié), la comtesse Jimmy d'Oultremont, la comtesse Louis du Chastel de la Howarderie, le comte et la comtesse François Didisheim, le baron et la baronne Albert Frère ou encore Maroussia Janssen (fille du baron Janssen). D'autres personnalités de notoriété publique ou du monde des affaires assistaient aussi à la cérémonie : Hubert Guerrand-Hermès, le réalisateur français Jean-Jacques Annaud et son épouse, Caroline von Paulus plus connue sous le pseudonyme de Bambou (dernière compagne du chanteur Serge Gainsbourg), M. et Mme Jules Taittinger, Frédéric et Paul Hottinger (de la banque suisse du même nom), Orlando (frère de la chanteuse Dalida) ou encore le jet-setteur Massimo Gargia. Finalement, ce fut au tour de la famille proche de pénétrer dans l'église avant l'arrivée des époux. D'abord le prince Edouard, au bras de sa mère, la princesse Alyette de Croÿ, ensuite de la mariée, à 17h10, au bras de son père, Mario Orsini.

Odile de Bailleul (née le 5 août 1926 à Paris), elle est fille du marquis Raymond de Bailleul et d'Isabelle Buccica. Elle épouse, civilement le 30 novembre 1945 et religieusement le 15 décembre 1945 à Angerville-Bailleul (Seine-Maritime), le prince Rodolphe de Croÿ-Roeulx (né le 28 avril 1924 à Paris), fils du prince Etienne-Gustave de Croÿ-Roeulx (1898-1990) et d'Alyette de Pommereu d'Aligre (1903-1998). Le couple aura 2 enfants : Olivier et Alyette (mère du marié). Les époux divorcent en 1954. Elle est donc la grand-mère maternelle du prince Edouard.
Elle épouse en seconde noces, le 27 mars 1965 à Neac (Gironde), Kim-Georges Moltzer (né le 10 mars 1938 à Berlin), un designer branché. De cette union est issu un fils : Maximilian Moltzer (né en 1971) qui a épousé la comtesse Marie Joséphine von Trauttmansdorff-Weinsberg (1972).
Elle habite au château de Bailleul situé à Angerville-Bailleul, propriété de sa famille depuis plusieurs siècles.
(© Valentin Dupont)
En compagnie de Gabrielle de Lambertye-Gebervillers (née le 8 septembre 1920 à Biarritz), elle est la fille de Charles-Edmond de Lambertye, marquis de Gerbéviller et de Loraine de Sancho-Mata y Contreras.
Elle épouse le 7 août 1941 à Paris, le prince et duc Armand d'Arenberg (né le 14 avril 1906 à Paris et décédé le 29 janvier 1995 à Paris), fils du prince et duc Pierre d'Arenberg (1871-1919) et d'Emma de Gramont (1883-1958).
Sa soeur, Maria del Rosario a épousé le prince Jean-Charles de Ligne de La Trémoïlle, ce qui en fait la grande-tante du marié.
(© Valentin Dupont)

La princesse et duchesse Marie-Virtudes d'Arenberg (née le 9 juin 1947 à Paris), elle est la fille du prince et duc Armand d'Arenberg (1906-1995) et de Gabrielle de Lambertye-Gerbéviller (1920). Elle est donc la cousine germaine du prince Edouard.
Elle épouse le 21 avril 1967, Louis Jean Loppin, comte de Montmort (né le 11 octobre 1943 à Paris et décédé le 18 mai 1996 à Rio de Janeiro). Le couple divorce en 1983.
Elle épouse en seconde noces, le 14 octobre 1983 à Neuilly-sur-Seine, Georges Hervet (né le 5 juin 1924 à Bourges), fils d'Henri Hervet et de Thérèse Saint-Léger, avec qui elle a un fils : Olivier Hervet (1986), à la tête d'une entreprise de vente d'équipement et de prévention contre les risques du travail à Deuil-la-Barre. Georges Hervet a dirigé la banque Hervet, fondée par un de ses aïeuls en 1830, jusqu'en 1982 date où le gouvernement socialiste à nationalisé tout l'établissement financier. Il a été contraint de vendre ses parts à l’État (aujourd'hui la banque s'apelle HSBC Hervet)
(© Valentin Dupont)
Maria del Rosario de Lambertye-Gerbéviller (née le 14 octobre 1922 à Paris), elle est la fille de Charles-Edmond de Lambertye, marquis de Gerbéviller et de Loraine de Sancho-Mata y Contreras.
Elle épouse le 11 mars 1942 à Paris, le prince Jean-Charles de Ligne de La Trémoïlle (né le 16 juin 1911 à Bruxelles et décédé le 9 juillet 2005 en son château de Serrant dans le Maine-et-Loire), fils du prince Florent de Ligne (1881-1967) et de la princesse Charlotte de La Trémoïlle (1892-1971).
Le couple a eu 3 enfants : Hedwige, Charles-Antoine (père du marié) et Nathalie. Elle est donc la grand-mère du prince Edouard. Elle habite au château de Gerbéviller en Lorraine.
(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)
En compagnie du duc et de la duchesse d'Orléans
Le prince Jacques d'Orléans (né le 25 juin 1941 à Rabat) est le fils du prince Henri d'Orléans, comte de Paris et prétendant au trône de France (1908-1999) et de la princesse Isabelle d'Orléans-et-Bragance (1911-2003). Son père lui a accordé le titre de courtoise de "duc d'Orléans"
Il a épousé le 3 août 1969 à Ansouis (Vaucluse), Gersendre de Sabran-Ponthevès (née le 29 juillet 1942 à Ansouis), fille de Foulques de Sabran-Ponthevès, 7ème duc de Sabran (1908-1973) et de Roselyne Manca-Amat de Vallombrosa (1910-1988)
(© Valentin Dupont) 


Le prince et la princesse Alexandre de Beauharnais. Ce prince a, selon moi, un goût de faux. Après de multiples recherches je n'ai rien trouvé à son sujet, il est également parfois appelé prince Alexander de Beauharnais Romanovski...
Quant à madame, elle est née de Sauvage
(© Valentin Dupont)

L'arrivée du marié et de sa mère
(© Valentin Dupont)

Arrivée de la mariée et de son père
(© Valentin Dupont)




Le prince Charles-Joseph de Ligne la Trémoïlle (frère et témoin du marié), la princesse Alyette de Croÿ-Roeulx (mère du marié) et le prince Charles-Antoine de Ligne la Trémoïlle (père du marié)
(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

Lolita Rossi (mère de la mariée), Mario Orsini (père de la mariée) et David Andrea Orsini (frère et témoin de la mariée)
(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)
 La cérémonie religieuse a été célébrée par Monseigneur Guy Harpigny, évêque de Tournai, aidé du doyen d'Antoing et de son diacre. Le prince Edouard avait choisi comme témoins le prince Charles-Joseph de Ligne la Trémoïlle (son frère) et le 7ème prince et duc Casimir de Blacas d'Aulps. Ce dernier, châtelain d'Ussé, est le fils du 6ème prince et duc Pierre de Blacas d'Aulps (1913-1997), lui-même fils unique du précédent prince et duc de Blacas (1885-1941) et de la princesse Marguerite de La Trémoïlle (1894-1939), sœur de la princesse Charlotte dont il est question plus haut. L'actuel duc de Blacas et le prince Charles-Antoine sont donc des petits-cousins. La mariée avait choisi comme témoins David Andrea Orsini (son frère) et Violante Placido (une amie actrice et chanteuse italienne). Après l'échange des consentements puis des anneaux, l'évêque a lu un message de félicitations du pape Benoit XVI.

Livret (© Collection personnelle)

Liturgie d'Ouverture
Entrée - Orgue et Trompette : Trompettes volontary de Purcell
Accueil des fiancés par Monseigneur Guy Harpigny, évêque de Tournai
Chant d'entrée - Gloria de Vivaldi (introduction)
Kyrie - Missa Brevis de Léo Delibes

Liturgie de la Parole1ère Lecture - Cantique des Cantiques 2 et 8
Psaume - Domine non Secundum de César Franck
2ème Lecture - Psaume 32 (33)
Alleluia - Extrait du Veni Sancte Spiritus de Mozart
Evangile - Evangile selon Saint Jean 17
Homélie - Par Monseigneur Guy Harpigny, évêque de Tournai

Sacrement de MariageDialogue initial avec les futurs époux
Echange des consentements
Bénédiction des alliances
Ave Maria de Gounod chanté par Mademoiselle Monica Small
Nocturne Due pupille de Mozart (petits chanteurs)
Prière des époux
Prière Universelle

Liturgie de l'EucharistieOffertoire - Panis Angelis de César Franck avec Hanna Bayodi
Oraison
Sanctus - Missa Brevis de Léo Delibes
Prière eucharistique
Anamnèse - O Salutaris Hostia de Gounod
Notre Père - Pater Noster de Xavier Sarasola
Bénédiction nuptiale
Agnus Dei - Missa Brevis de Léo Delibes
Communion - Jeux d'Orgue
Chant de communion - Laudate Dominum de Mozart (petits chanteurs)
Oraison

Liturgie d'EnvoiSignatures des registres - Concerto en sol majeur de Quantz
Flûte traversière - Monsieur Akash Kumar
Prélude de Jean-Sébastien Bach chanté par Mademoiselle Lone Madson
Chant à la Vierge - Ave Maria dit de Caccini
Bénédiction finale
chant de sortie - Alleluia de Haendel
Sortie - Toccata et fugue en ré mineur BWV 565 de Jean-Sébastien Bach



(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)
Sortie des époux
(© Valentin Dupont)
(© Valentin Dupont)
Une fois la cérémonie religieuse terminée, vers 18h45, le couple a lâché deux colombes sur le parvis de l'église et a ensuite pris place dans une calèche, tirée par deux cheveux noirs portant des aigrettes blanches. Le chemin était tracé par deux policiers à cheval et des lanceurs de drapeaux rouge et or, aux couleurs de la famille de Ligne. Le cortège traversa ainsi la Grand-Rue et s'est rendu au château d'Antoing.

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Valentin Dupont)
 
Devant le château familial d'Antoing.
La seigneurie d'Antoing remonte au XIe siècle, et relevait alors de la baronnie de Pamele. Ces seigneurs d'Antoing donnèrent des prévôts de Douai et des châtelains à Gand. Au XIVe siècle, les terres passent aux Melun, seigneurs du Biez et de Fagnolles. Ils passent au Ligne via Marie de Melun qui hérite du château et épouse Lamoral de Ligne, 3ème comte de Ligne, baron de Beloeil, prince de Mortagne, marquis de Roulais, comte de Néchin et baron d'Antoing. La propriété passe ensuite, via le prince Eugène de Ligne, à cette branche cadette de la famille de Ligne.
Le château est entouré d'un mur d'enceinte datant du XIIIe siècle, tout comme les tours et les tourelles. Le châtelet et la barbacane remonte au XVe siècle aini que le donjon. Au XIXe siècle, les châtelains, selon l'architecte Clément Parent, transforment les battisses de l'époque (les six travées accolées au donjon) en un ensemble homogène, davantage épaissi et allongé, sur 4 niveaux, et des écuries sont construites à l'emplacement de l'ancienne église détruite en 1870.
Durant un temps, alors que les Ligne préféraient séjourner à Bruxelles, le château fut transformé en collège jésuite qui reçut comme élève un certain Charles de Gaulle...
(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)
Au château d'Antoing, les 350 invités étaient attendus afin d'assister au dîner en l'honneur du mariage suivie d'une soirée. Diverses animations ont rythmées la fin de la journée : prestation du Ballet du Hainaut, lanceurs de drapeaux, fauconniers ou encore troubadours. La dîner a été pris dans une tente d'une hauteur de 15 mètres et d'une superficie de 600 m², une création de Robert Bazelaine. Celle-ci a été décorée par le prince Charles-Joseph, frère du marié, architecte d'intérieur à Paris. Le prince et la princesse de Ligne (le prince Michel de Ligne est un cousin au troisième degré) sont apparus dans la soirée pour prendre part au dîner composé comme suit : nage de homard et son émincé de petits légumes, mignon de veau aux morilles et délice de fruits rouges rafraichis à la vanille. Après une soirée qui s'est terminée aux petites heures du matin, le couple est parti en direction de Bora-Bora pour leur lune de miel.

La princesse Isabella en compagnie du prince Rodolphe de Croÿ-Roeulx.
Le prince (né le 8 avril 1924 à Paris), est le fils du prince Etienne-Gustave de Croÿ-Roeulx (1898-1990) et d'Alyette de Pommereu d'Aligre (1903-1998).
Il épouse en 1945, Odile de Bailleul (dont il a déjà été question ci-dessus).
Il convole en seconde noces, le 26 janvier 1967 à Paris, avec Hélène de Pierre de Bernis-Calvière (née le 27 décembre à Paris et décédée le 31 août 1995 à Bruxelles), fille du comte Adolphe de Pierre de Bernis-Calvière et de Louise de Dorlodot. Le couple aura un fils : le prince Maximilien de Croÿ-Roeulx (1971).
Veuf, il se remarie le 24 octobre 1998 avec Bérangère de Nattes (née le 15 août 1948 à Nogent-le-Rotrou dans l'Eure-et-Loire), fille du marquis Berenger de Nattes (1906-2002) et de Catherine de Pierre de Bernis-Calvière (1906-1995).
Par le passé, il a été actionnaire de la Caisse Privé, vice-président de la Compagnie de Promotion (du groupe De Pauw), administrateur de Codenat S.A. (Cercle des Nations) et de Tax Free Sky Shop.
(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

   
Le couple princier, la princier Alyette de Croÿ-Roeulx et le réalisateur français Jean-Jacques Annaud
(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)

(© Princesse Edouard de Ligne la Trémoïlle)