16 avril 2015

Philippe et Mathilde à Copenhague

Ce 15 avril, le Roi et la Reine étaient conviés au dîner organisé au Château de Christiansborg à l'occasion du 75ème anniversaire de la reine Margerthe II de Danemark à l'instar d'autres couples royaux européens. Le Roi des Belges célébrait d'ailleurs le jour-même ses 55 printemps. 

© Nils Meilvang


Lors de cette soirée, le roi Philippe portait l'uniforme de gala de la Composante Terre. Le col de l'uniforme illustre le grade du Roi : général quatre étoiles en tant que chef de l'armée. D'autres insignes sont révélateurs de son parcours au sein de l'armée : son passage par l'Ecole Royale Militaire de 1978 à 1981 au sein de la 118ème Promotion Toutes Armes (épaule gauche), ses ailes de pilote obtenues le 9 juillet 1982 (côté gauche de la poitrine), son insigne de parachutiste reçu le 28 octobre 1982 (côté droit de la poitrine) et enfin son insigne de commando obtenu le 17 décembre 1982 (épaule droite). Le Souverain portait tout naturellement l'Ordre de l’Éléphant dont il fut fait Chevalier en 2002 lors de la visite d'Etat de la reine Margrethe II et du prince consort Henrik en Belgique.

© Nils Meilvang



La reine Mathilde portait une robe fuchsia signée Armani qu'elle avait déjà choisie en 2011 lors du dîner de gala organisé le soir du mariage du prince Albert II de Monaco. Ne possédant pas de décoration danoise, elle arborait le Grand Cordon de l'Ordre de Léopold qu'elle reçut suite à son mariage avec l'héritier au trône belge en 1999. Pour le diadème, la Reine avait opté pour celui dit des Neufs Provinces. On se souviendra qu'elle portait sa partie inférieure appelée grecque pour le premier portrait officiel en 2013 ou lors de la visite d'Etat du président chinois en 2014, mais c'est la première fois qu'elle arbore la version complète de ce joyau. Faut-il rappeler que ce dernier a été offert en 1927, suite à une souscription nationale, à la future reine Astrid? Après l'accession au trône de son époux en 1934, elle y fit ajouter des motifs rhomboïdaux. Les onze gros diamants, totalisant cent carats, représentaient alors l'union des neufs provinces de l'époque et du Congo autour de la Maison royale.

© Tim Rooke/REX Shutterstock/Newscom

2011


10 avril 2015

Archives: la reine Elizabeth II à Ciergnon en 1966

Le reine Elizabeth II et le duc d’Édimbourg effectuèrent du 9 au 13 mai 1966 une visite d'Etat en Belgique. Après des activités à Bruxelles, Liège et Anvers, le roi Baudouin et la reine Fabiola invitèrent le couple à prendre plusieurs heures de repos au château de Ciergnon le 12 mai. Le train royal arriva en gare de Ciergnon à midi quarante. La reine Elizabeth II, vêtue d'un manteau orange, fut la première à sortir du train. Les deux souveraines se virent offrir des bouquets d'orchidées et de fleurs d'oranger par deux fillettes, l'une étant la petite-fille du bourgmestre et l'autre la fille du conseiller provincial et échevin Lavis. Ensuite, les deux couples saluèrent le bourgmestre et son épouse avant de traverser les voies entre une double haie de fonctionnaires de la S.N.C.B. 

© Collection Michel Lavis

© Collection Michel Lavis


La sortie de la gare se fit sous les vivats. Alors que la reine Elizabeth II et le roi Baudouin montèrent assez vite dans la première voiture, le duc d’Édimbourg dû attendre quelques instants supplémentaires, la reine Fabiola prenant le temps de répondre aux diverses sollicitations et aux bouquets tendus par les enfants. Les deux voitures, encadrées par une escorte motocycliste, parcoururent à vitesse modérée les rues qui séparaient la gare de la grille du château de Ciergnon. Sur le chemin, un grand nombre d'habitants tenaient à saluer le cortège tandis qu'à certains endroits des badauds avaient déposé des fleurs de genêt sur la chaussée. 

© Collection Michel Lavis

© Collection Michel Lavis

© Collection Michel Lavis


Au niveau de l'entrée du domaine, un grand nombre de personnes s'étaient rassemblées. La déception gagna les journalistes lorsqu'ils vinrent, une fois le cortège passé, les grilles se renfermer et être cadenassées. Quelques minutes plus tard, une personne du service d'ordre les invita, à leur plus grand soulagement, à pénétrer dans le domaine. Les deux couples apparurent sur le perron du château, descendirent les marches et firent quelques pas dans l'allée, de manière à ce que les photographes et les preneurs d'images fassent leur travail. Après ces quelques heures de détente, le dernier jour de la visite d'Etat emmena la reine Elizabeth et le prince Philip à Bruges ainsi qu'à Ypres. 

© Reg Lancaster/Express/Getty Images

© Collection Michel Lavis

© Belga


Merci à Michel Lavis pour ses documents d'archives et photographies.    

23 mars 2015

La famille grand-ducale et les présidents français

Le président français François Hollande a effectué une visite officielle au Luxembourg le 6 mars 2015. Un déplacement d’une seule journée qui a démarré par un accueil du couple grand-ducal suivi d’un entretien au Palais. Dans l’après-midi, ils se rendirent ensemble au château de Betzdorf, lieu qui a vu la naissance du grand-duc Henri en 1955 et qui abrite le siège de la Société Européenne des Satellites, puis à Esch-Belval. En soirée, une dîner de gala fut offert au Palais grand-ducal en présence du couple héritier. Dans son toast, le grand-duc Henri a déclaré : « C’est un privilège pour la Grande-Duchesse comme pour moi-même que de vous souhaiter la bienvenue ce soir. En effet, la venue d’un Président de la République française au Grand-Duché de Luxembourg est un événement marquant, tant par sa portée que par sa rareté. […] Evoquer les relations du Luxembourg avec la France se révèle un exercice complexe. Leur importance n’a pas vraiment d’équivalent, leur plasticité à travers le temps étonne, la part qu’elles laissent à l’émotion est unique. Parler de la France, c’est aussi parler de nous-mêmes et de ce que nous, Luxembourgeois, ressentons au plus profond. » 

© Photo 2015 SIP/Charles Caratini/tous droits réservés
 
© Photo 2015 SIP/Jean-Christophe Verhaegen/tous droits réservés


Cet événement est l’occasion de passer en revue les précédents contacts officiels avec les différents présidents français. Après le règne de la grande-duchesse Marie-Adélaïde, critiquée par la France qui fit pression après la Première Guerre Mondiale pour son abdication, le régime français observa avec une certaine méfiance les débuts de sa sœur Charlotte. Pour preuve, un télégramme d’octobre 1920 émanant du Ministre de France à Luxembourg en réponse au Ministre des Affaires étrangères Leygues qui s’étonnait de la nouvelle des fiançailles de la princesse Sophie avec le plus jeune fils du roi de Saxe. Après une entrevue avec le Maréchal de la Cour, le diplomate eut un entretien avec le Ministre d’Etat « pour lui marquer combien nous étions loin de nous attendre à de pareilles nouvelles alors que le gouvernement luxembourgeois nous assurait de son constant désir de marcher en toute occasion d’accord avec l’Entente ». 

La grande-duchesse Charlotte pu éloigner tout soupçon en se désolidarisant de l’attitude de ses sœurs qui ne l’avaient d’ailleurs pas consulté avant leurs fiançailles. D’ailleurs, une note du Département datant de novembre 1920 vise une autre personnalité de la famille grand-ducale vue comme germanophile : « On aurait lieu à craindre que la grande-duchesse douairière Marie-Anne, qui réside en Bavière avec ses filles, ne renonce pas facilement à toute influence dans le pays ». Le 15 février 1920, la grande-duchesse Charlotte, accompagnée du prince Félix, avait d’ailleurs été invitée à se rendre à Thionville, ayant jadis fait partie du duché de Luxembourg, où elle fut accueillie par le président Raymond Poincaré. Ce déplacement coïncidait avec la remise de la Légion d’honneur à la ville mais sans doute que cela marquait une réconciliation formelle entre les deux pays. En mémoire de cette visite, une « Rue de la Grande-Duchesse Charlotte (1896-1985) » a été inaugurée en 2006 en présence du grand-duc Henri et de la grande-duchesse Maria-Teresa. 

© Bibliothèque Nationale de France


C’est le 22 juillet 1937 que la grande-duchesse Charlotte et le prince Félix furent reçus officiellement à l’Elysée par le président Albert Lebrun. Un déplacement à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris à laquelle participait le grand-duché. Deux ans plus tard, le 3 août 1939, le président Lebrun effectua un voyage au Luxembourg pour un dîner à la Légation en présence des membres du gouvernement. Il fut reçu en audience par la famille grand-ducale. Bien que de nature semi-privée, ce déplacement fut accueilli favorablement au Luxembourg, comme une promesse d’amitié, particulièrement appréciée dans le contexte de la montée des périls. 

1937

1939


Du 20 au 22 juin 1957, le président René Coty effectua une visite d’Etat au Luxembourg, la première d’un chef d’Etat français. Il y reçut un accueil très chaleureux des autorités mais aussi des Luxembourgeois. Pour son arrivée, la capitale était décorée d’oriflammes, de guirlandes lumineuses et, aux abords du Pont Adolphe, d’obélisques décoratifs surmontés de flammes symboliques portant les écussons des deux pays. Les écoliers purent d’ailleurs bénéficier d’une journée de congé pour aller accueillir le président Coty. Lors du dîner de gala, la grande-duchesse Charlotte indiqua que : « Votre visite, Monsieur le Président, nous apparaît comme une démonstration solennelle de l’amitié séculaire qui n’a cessé d’unir nos deux pays dans les bons comme dans les mauvais moments ». Outre le couple héritier, le prince Charles et la princesse Marie-Adélaïde participaient aux réjouissances. Après le dîner, une apparition au balcon eut lieu. Lors de ce déplacement, le président de la République alla rendre visite au grand-duc héritier Jean et à la grande-duchesse héritière Joséphine-Charlotte au Betzdorf, l’occasion de faire également connaissance avec leurs enfants. Un feu d’artifice fut tiré dans la capitale pour saluer le départ du président Coty.



La grande-duchesse Charlotte et le prince Félix étaient à Paris le 4 février 1961. Un déjeuner fut offert en leur honneur à l’Elysée, dans le Salon Murat, par le président Charles de Gaulle et son épouse. Ce déjeuner comptait une quarantaine de convives. Le général de Gaulle commença son discours par ces mots : « Votre Altesse Royale a tenu à nous rendre visite, d’une manière presque intime. Nous espérons, cependant, que nous aurons un jour la joie et l’honneur de la recevoir à Paris avec toute l’ampleur officielle et populaire qui répondrait aux sentiments que la France porte au Luxembourg et à sa gracieuse souveraine ». A l’issue du déjeuner, Charlotte remit l’Ordre du Lion d’Or au général. Une estime mutuelle devait sans doute unir ces deux figures de la Résistance. 



Les vœux du général de Gaulle furent exhaussés en 1963. La grande-duchesse Charlotte réserva sa toute dernière visite d’Etat, avant son abdication, pour la France du 2 au 5 octobre. Mais elle eut l’occasion de revoir le président français l’année suivante, le 26 mai 1964, à l’occasion de l’inauguration du canal de la Moselle. En compagnie du président ouest-allemand Lübke, ils prirent part à une mini-croisière de 270 kilomètres à bord du « Strasbourg », entre les villes d’Apach et de Trêves. Suite au décès du général de Gaulle, le grand-duc Jean se rendit au service solennelle organisé à Notre-Dame de Paris pour les chefs d’Etat, tandis que sa mère assista au service en la cathédrale de Luxembourg. 





Les 3 et 4 mai 1972, ce fut au tour du président Georges Pompidou et de son épouse d’effectuer une visite d’Etat au Luxembourg. Ils y reçurent un accueil tout aussi enthousiaste que le président René Coty en son temps. Et tout comme lui, après le dîner de gala à la Chambre des députés et la réception au Palais, il eut l’occasion d’apparaître au balcon. Suite au décès du président en exercice Pompidou, un deuil fut décrété à la Cour jusqu’aux funérailles. Le grand-duc Jean assista au service solennelle dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. 





Le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte se rendirent en visite d’Etat en France du 18 au 20 septembre 1978 à l’invitation du président Valéry Giscard d’Estaing et son épouse. Lors du dîner de gala à l’Elysée, auquel le prince et la princesse Napoléon ainsi que la princesse Irène des Pays-Bas étaient conviés, le grand-duc Jean évoqua dans son allocution la mémoire de Robert Schuman, moteur de la construction européenne qui naquit au grand-duché. Le dîner de retour, offert par le couple grand-ducal, fut organisé à l’Hôtel Marigny. Pour l’anecdote, le président Giscard d’Estaing offrit lors de ce séjour au grand-duc Jean un parchemin du XIVe siècle évoquant les liens entre Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg, et le roi Philippe VI. Ce n’était pas la première fois que les deux couples se rencontraient : Jean et Joséphine-Charlotte avaient été reçu à déjeuner à l’Elysée en 1976 et ils furent conviés en 1977 à l’inauguration du Centre Georges Pompidou.

1976

1978

1978


Le président François Mitterrand se rendit durant ses deux mandats à plusieurs reprises au Luxembourg pour des visites de travail. Le premier déplacement après sa victoire en 1981 fut d’ailleurs de cette nature, à l’occasion du 20e sommet européen, et rencontra le grand-duc Jean lors d’une audience. Les 13 et 14 mai, le président Mitterrand et son épouse se rendirent en visite d’Etat au Luxembourg. Le Palais grand-ducal étant en travaux, le président bénéficia de la Villa Vauban, lieu de travail provisoire du grand-duc Jean, pour ses rencontres politiques. Le dîner de gala eut lieu dans le cadre de l’ancienne abbaye d’Echternach. Les temps avaient alors changé et ces déplacements officiels n’attiraient plus les foules comme pour le président Coty en 1957 et le président Pompidou en 1972. Le président Mitterrand fit d’ailleurs face à des manifestants écologiques – comme François Hollande en 2015 – concernant plusieurs dossiers français intéressant le grand-duché, comme la proximité de la centrale nucléaire de Cattenom. Suite au décès de l’ex-président en 1996, Jean et Joséphine-Charlotte assistèrent au service solennelle à Notre-Dame de Paris.






Avec l’abdication du grand-duc Jean, son successeur effectua deux visites officielles de courtoisie à Paris et à Berlin. Le grand-duc Henri et la grande-duchesse Maria-Teresa furent accueillis le 10 octobre 2000 par le président Jacques Chirac et son épouse à l’Elysée. Aucune visite d’Etat n’eut lieu durant les deux mandats du président Chirac, pas plus que lors de la présidence de Nicolas Sarkozy. Des rencontres officieuses sont néanmoins probables puisque le Fort de Brégançon, lieu de villégiature du président français depuis 1968, se situe à côté de la Tour Sarrazine, propriété de la famille grand-ducale. Dans ce cadre, la presse luxembourgeoise avait d’ailleurs rapporté que le grand-duc Henri aurait rencontré François Hollande lors des vacances d’été en 2012.


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Sources :
- KERSTIN S. (2015), « Les présidents français au Luxembourg. De Coty à Hollande en passant par Pompidou », Luxemburger Wort [consulté en ligne]
- « M. Mollard, Ministre de France à Luxembourg, à M. Leygues, Ministre des Affaires étrangères » dans MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES (2002), Documents diplomatiques français. 1920. Tome III. 24 septembre 1920 – 15 janvier 1920, Bruxelles, P.I.E.-Peter Lang, pp. 162-163